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Valdas Dambrauskas, roi de Sabah et Ligue des Champions

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Valdas Dambrauskas, roi de Sabah et ligue des champions

Il y a plus de vingt ans, Valdas Dambrauskas participait à la version lituanienne de Qui veut gagner des millions ?. Aujourd’hui, il vient d’emmener le Sabah FC en Ligue des champions.

Le raccourci pourrait presque sembler trop beau pour être vrai. Pourtant, le parcours du technicien lituanien ressemble parfaitement à celui du club qu’il dirige aujourd’hui : atypique, inattendu et ambitieux.

Créé il y a seulement neuf ans, le Sabah FC s’apprête désormais à découvrir l’élite du football européen. Une ascension express pour un club encore largement méconnu en dehors de l’Azerbaïdjan, où les suiveurs les plus pointilleux du football européen avaient jusqu’ici davantage l’habitude de croiser les noms de Qarabağ ou du Neftçi Bakou.

Sur la carte du football européen, l’Azerbaïdjan est d’ailleurs encore souvent associé à un simple déplacement fastidieux à l’autre bout du continent. Une destination lointaine, parfois périlleuse, davantage évoquée pour les kilomètres à parcourir que pour les histoires qu’elle pourrait offrir.

Cette fois, il y a pourtant bien davantage qu’une longue distance à raconter. Entre un entraîneur au parcours improbable, un club fraîchement créé et plusieurs joueurs passés par la France, l’histoire du Sabah mérite largement le détour.

Le petit poucet vient de gagner sa place parmi les grands. Il était temps de faire les présentations.

Valdas Dambrauskas, entraîneur du Sabah FC qualifié en Ligue des champions
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Valdas Dambrauskas, un parcours tout sauf tracé d’avance

Né et élevé à Pakruojis, en Lituanie, au sein d’une famille ouvrière de quatre enfants, il connaîtra une enfance rude avec un père décédé lorsqu'il avait seulement 11 ans. Afin d'aider sa famille, Valdas commence rapidement à travailler.

Sportif, il pratique dans sa jeunesse le basket-ball, l’athlétisme et les échecs avant de se concentrer sur le football, évoluant au plus haut en troisième division nationale de ses 17 à 23 ans.

2002
Le tournant improbable

Qui veut gagner des millions ?

À 25 ans, Dambrauskas participe à la version lituanienne du célèbre jeu télévisé. Il ne remporte pas le million, mais suffisamment pour changer le cours de sa vie.

Valdas Dambrauskas lors de sa participation à la version lituanienne de Qui veut gagner des millions
Avant les bancs de touche Valdas Dambrauskas candidat à la télévision lituanienne en 2002

En 2002, à 25 ans, il apparaît en effet dans Šeši nuliai – milijonas, la version lituanienne de Qui veut gagner des millions ?. Dambrauskas y remporte 4 000 litas, une somme qui représentait alors approximativement l’équivalent d’une année de salaire pour certains Lituaniens.

Pas de million donc, mais un gain suffisamment important pour s’offrir un départ pour l’Angleterre. Il utilise cet argent pour s’y installer avec sa compagne, qui deviendra ensuite son épouse, et commencer à construire sa carrière dans le coaching.

4 000 litas pour changer de vie Ses gains au jeu télévisé lui permettent de partir vivre en Angleterre et de commencer à se former au métier d’entraîneur.

De petits boulots aux terrains anglais

Avant son départ, Dambrauskas avait obtenu un diplôme d’ingénieur. En Angleterre, il change pourtant complètement de voie et étudie les sciences du sport et le coaching à la London Metropolitan University. Durant ses études, il travaille dans le football de jeunes, avec des passages notamment à Fulham, Manchester United et Brentford.

La trajectoire reste pourtant très éloignée de celle d’un jeune technicien promis au football professionnel. Pour financer sa vie et surtout sa formation, Dambrauskas enchaîne les emplois alimentaires.

Une partie importante de ce qu’il gagne sert à payer ses formations et ses livres consacrés au coaching. Il poursuivra ensuite son cursus avec un master à la Lithuanian Sports University. Petit à petit, celui qui avait quitté la Lituanie grâce à un jeu télévisé construit les bases de sa future carrière d’entraîneur.

Un destin qui colle parfaitement à celui de Sabah

Plus de vingt ans après ce passage télévisé, le voilà désormais à la tête d’un club engagé dans une aventure qui semble presque aussi utopique que la sienne.

Difficile, finalement, d’imaginer un profil beaucoup plus adapté à Sabah. Un entraîneur parti de loin pour un club qui, lui aussi, a construit son histoire à toute vitesse et se retrouve engagé en Ligue des Champions après son succès face à l'Hapoel Beer Sheva.

Et puisqu’il est question de millions, ceux-ci finissent tout de même par apparaître dans l’histoire. Sabah évolue avec un budget annuel d’environ 15 millions d’euros. Une enveloppe confortable à l’échelle du championnat azerbaïdjanais, sans pour autant transformer le club en nouveau géant financé à coups de pétrodollars.

La qualification européenne change toutefois l’échelle économique du projet. Avec près de 20 millions d’euros de bonus liés à son accession à la Ligue des champions, Sabah vient potentiellement de décrocher en quelques semaines une somme supérieure à son budget annuel habituel, et cela sera renforcé tout au long de cette campagne.

Dambrauskas n’a donc jamais remporté le million devant les caméras lituaniennes. Vingt-quatre ans plus tard, il vient en revanche d’aider un club créé il y a moins d’une décennie à entrer dans une tout autre cour financière et sportive. Deux trajectoires improbables qui avaient probablement tout pour finir par se rencontrer.

Une carrière qui penche à l’Est

Avant de devenir le visage du projet Sabah, Valdas Dambrauskas avait déjà largement parcouru l’Europe. Une carrière construite loin des cinq grands championnats, mais au sein de clubs ambitieux et régulièrement habitués aux compétitions européennes.

Le technicien lituanien commence véritablement à se faire un nom dans son pays. Après Ekranas, il prend les commandes du Žalgiris Vilnius à la fin de l’année 2014. Il y restera près de trois saisons, avant de poursuivre son parcours en Lettonie avec le RFS.

La suite de son CV va progressivement prendre une dimension plus médiatique. Après un passage en Croatie avec Gorica, Dambrauskas rejoint Ludogorets et décroche le titre de champion de Bulgarie en 2020/2021.

Un entraîneur reconnu en Lituanie Valdas Dambrauskas a été désigné entraîneur lituanien de l’année en 2016, 2020 et 2021.

Des titres de la Bulgarie jusqu’à l’Azerbaïdjan

Quelques semaines après son aventure bulgare, il prend la direction du Hajduk Split, l’un des clubs les plus populaires de Croatie. Là encore, son passage est accompagné d’un trophée : la Coupe de Croatie 2021/2022.

Dambrauskas poursuit ensuite son voyage vers l’Est et le sud-est de l’Europe. Il entraîne successivement l’OFI Crète en Grèce, l’Omonia Nicosie à Chypre puis Diósgyőr en Hongrie.

À l’été 2025, une nouvelle destination vient s’ajouter à la liste : l’Azerbaïdjan. Sabah lui confie les clés de son projet et la réussite est immédiate.

2
Première saison à Sabah

Un doublé championnat – coupe

Pour sa première saison complète en Azerbaïdjan, Dambrauskas mène Sabah au doublé national en 2025/2026.

Son arrivée à Bakou ne ressemble donc pas à un pari sorti de nulle part. Sabah est allé chercher un entraîneur déjà habitué à gagner, à travailler dans des championnats moins exposés et à construire rapidement des équipes compétitives.

Son bilan sur les différents bancs européens illustre d’ailleurs cette régularité. De ses débuts en Lituanie jusqu’à Sabah, le technicien affiche près de 300 victoires et plus de 60 % de succès.

Le parcours de Dambrauskas en un coup d’œil

Période Club Pays Matchs Victoires %
2013 — 2014 Ekranas Lituanie 60 30 50,0 %
2014 — 2017 Žalgiris Lituanie 124 92 74,2 %
2017 — 2020 RFS Lettonie 69 42 60,9 %
2020 — 2021 Gorica Croatie 30 16 53,3 %
2021 Ludogorets Champion de Bulgarie Bulgarie 40 26 65,0 %
2021 — 2022 Hajduk Split Coupe de Croatie Croatie 38 23 60,5 %
2022 — 2023 OFI Crète Grèce 57 32 56,1 %
2024 Omonia Chypre 21 13 61,9 %
2025 Diósgyőr Hongrie 12 3 25,0 %
Depuis 2025 Sabah FC Champion + Coupe Azerbaïdjan 52 35 67,3 %
Total 487 299 61,4 %
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Sabah, une équipe cosmopolite

À l’image de son entraîneur, l’effectif de Sabah s’est construit bien au-delà des frontières de l’Azerbaïdjan. Le champion national conserve évidemment un important socle de joueurs azerbaïdjanais, dont certains ont déjà croisé la route de l’équipe de France avec leur sélection.

Mais autour de ce noyau local, le recrutement est particulièrement international. Sabah est allé chercher des joueurs dans toute l’Europe, mais également en Afrique, en Amérique du Sud, dans les Caraïbes et en Asie centrale.

Ouzbékistan, Jamaïque, Gabon, Nigeria, Rwanda, Afrique du Sud, Brésil, Portugal, Croatie, Pologne... Le vestiaire de Valdas Dambrauskas ressemble à un véritable tour du monde, avec des joueurs aux parcours et aux expériences particulièrement variés.

Des visages bien connus du football français

Et pour les suiveurs du football français, plusieurs noms ne sont d’ailleurs pas totalement inconnus. Le plus évident est celui d’Akim Zedadka. International algérien, le latéral droit s’est notamment fait connaître sous les couleurs de Clermont avant de rejoindre Lille.

Un parcours que les abonnés de la chaîne du Bureau des Tipsters connaissent d’ailleurs peut-être déjà. Zedadka avait été l’un des protagonistes de notre émission « Deux nuits avec... », consacrée aux coulisses du football professionnel.

Deux nuits avec... Akim Zedadka, bien avant l’aventure Sabah

Zedadka n’est pas le seul à posséder un CV familier. Devant, Orphé Mbina possède lui aussi un parcours qui parlera aux amateurs des divisions professionnelles françaises. L’international gabonais est notamment passé par Nîmes et Grenoble, avant de poursuivre sa carrière à l’étranger, notamment au Portugal puis à Maribor.

Même constat pour Steve Solvet. Le défenseur central guadeloupéen a connu les pelouses françaises avec Orléans et Martigues, entre National et Ligue 2, avant de rejoindre l’Azerbaïdjan.

Individuellement, aucun de ces noms ne suffit évidemment à transformer Sabah en cador européen. Mais ils racontent assez bien la construction de cet effectif : des internationaux locaux, des profils expérimentés, des joueurs passés par des championnats plus exposés et des paris venus d’un peu partout dans le monde.

Inférieur sur le papier, mais déjà capable de renverser la table

Sur le papier, Sabah restera évidemment inférieur à une grande partie des écuries qu’il pourra rencontrer en Ligue des champions. La valeur individuelle de son effectif n’a rien de comparable avec celle des grands clubs européens.

Mais réduire cette équipe à son statut de petit poucet serait probablement une erreur. Son parcours européen vient justement de montrer qu’elle était capable de compenser une partie de cet écart par son collectif.

5–2
Barrage retour • Ligue des champions

Sabah renverse Beer-Sheva

Battu 2-1 à l’aller, Sabah s’est imposé 5-2 après prolongation à Bakou pour éliminer l’Hapoël Beer-Sheva et décrocher sa qualification historique.

Mené dans cette double confrontation et encore poussé dans ses retranchements au retour, le club de Bakou a finalement inscrit cinq buts pour s’imposer après prolongation. Orphé Mbina, justement, a inscrit le but qui a fait basculer définitivement la rencontre.

De quoi rappeler que derrière l’histoire sympathique du nouveau venu se cache aussi une vraie équipe de football. Sabah arrivera en Ligue des champions avec beaucoup moins de références que ses futurs adversaires, mais également avec un effectif expérimenté, international et qui vient déjà de prouver qu’il savait déjouer les pronostics.

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Collaborateur Bureau des Tipsters

Matthieu Q.

Passionné et analyste sportif au BDT

Diplôme d’un Master en Ressources Humaines, je suis aujourd’hui professeur des écoles dans un établissement spécialisé. Fan inconditionnel de sports, je partage avec vous ma passion et mes connaissances.
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